À propos de l'auteur: Max Faivre
Product Marketing Manager

Chercher des exemples de produits de données renvoie presque toujours à des définitions. Cet article fait l’inverse : il montre des data products en service chez des entreprises nommées, avec ce qu’ils contiennent, qui les consomme et ce qu’ils ont changé. Assurance, banque, média, industrie, télécoms, transport, services, édition logicielle.
Un produit de données est un actif data packagé pour un besoin métier récurrent. Il combine des données, des règles de calcul, une documentation et une interface par laquelle on le consomme. Pour en être un, il doit avoir un responsable désigné, une qualité contrôlée et un cycle de vie. La notion et ses composants sont détaillés dans notre article sur ce qu’est un produit de données. Ici, place aux cas concrets.
| Le produit | Ce qu’il contient | Qui le consomme | Sous quelle forme |
|---|---|---|---|
| Open Data Mart prêt pour l’IA (DataLab Group, Crédit Agricole) | Une quinzaine de sources centralisées, 250 données brutes transformées en 400 indicateurs | Équipes projet data et intelligence artificielle du groupe | Jeu de données certifié, documenté et tracé de bout en bout |
| Référentiel d’indicateurs de groupe (Onet) | 25 concepts clés, plus de 100 termes métier, 60 indicateurs, plus de 130 valeurs de classification | Utilisateurs métier, plus de 60 actifs | Couche sémantique partagée et glossaire métier |
| Rapport social consolidé France et Royaume-Uni (Getlink) | KPI (indicateurs clés de performance) RH harmonisés, vocabulaire standardisé | Équipes RH et data des filiales Eurotunnel et Europorte | Reporting récurrent adossé à des définitions publiées |
| Portefeuille de tableaux de bord (ARTE) | 40 tableaux de bord et 32 rapports BI (business intelligence, informatique décisionnelle) sur définitions harmonisées | Équipes métier et conformité | Tableaux de bord BI et rapports réutilisables |
| Scores et fichiers métier (FLOA) | Scores, FAQ et fichiers transmis aux équipes, tables et tableaux de bord documentés | Équipes métier de FLOA | Livrables documentés, métadonnées synchronisées automatiquement |
| Bibliothèque d’algorithmes d’IA (Swiss Life) | Définitions de modèles centralisées depuis 17 systèmes, traçabilité de bout en bout | IT, métiers, data et BI | Bibliothèque de modèles documentée |
| Portefeuille de cas d’usage data et IA (Sage) | Plus de 500 cas d’usage gouvernés, dont plus de 100 cas d’usage d’IA | Équipes data et IA, responsables de cas d’usage | Portefeuille gouverné et tracé |
| Référentiel de protection sociale (Malakoff Humanis) | Plus de 1 000 données référencées, définitions métier, lineage (traçabilité) | Métiers et équipe gouvernance | Catalogue alimenté par une quinzaine d’applications |
| Glossaire métier global (CANAL+) | Définitions partagées, collecte des métadonnées automatisée | Analystes et équipes métier | Glossaire consultable, intégration Power BI |
| Métamodèle d’entreprise (Bouygues Telecom) | Métamodèle puis cas d’usage ciblés, sur des données clients sensibles | Équipes data et métiers, au-delà du noyau data | Référentiel documenté à l’échelle de l’entreprise |
Deux insights ressortent. Les actifs les plus fréquents ne sont ni des API ni des modèles, mais des jeux de données et des référentiels de définitions. Et leur valeur se mesure d’abord en temps rendu aux métiers.
Le type de produit le plus répandu : un périmètre nettoyé, documenté, certifié et mis à disposition d’autres équipes que celle qui le produit. Les référentiels issus du master data management (gestion des données de référence) en relèvent dès lors qu’ils sont exposés avec un contrat clair.
DataLab Group (Crédit Agricole), le hub d’innovation du groupe, en donne un exemple abouti. Son Open Data Mart centralise une quinzaine de sources avec leur documentation et, lorsque c’est nécessaire, leurs licences d’utilisation. La chaîne de transformation convertit 250 données brutes en 400 indicateurs, et plus de 100 assets prêts pour l’IA y sont documentés. Le détail qui change tout : comme les licences sont attachées aux sources, un profil de data science qui explore le mart sait facilement ce qu’il a le droit d’en faire, sans ouvrir de ticket juridique.
Quand plusieurs entités juridiques calculent le même indicateur différemment, le livrable utile n’est pas un reporting de plus. C’est la définition elle-même, publiée et opposable.
Onet, groupe de services de 66 000 collaborateurs, a construit ce référentiel : 25 concepts clés centralisés, plus de 100 termes métier documentés, 60 indicateurs structurés et plus de 130 valeurs de classification harmonisées, pour plus de 60 utilisateurs actifs. La couche sémantique devient le produit. Les tableaux de bord n’en sont que des vues.
Gartner y voit une infrastructure critique à horizon 2030, au même titre que les plateformes de données et la cybersécurité : prioriser la sémantique dans les données prêtes pour l’IA améliorerait la précision des agents jusqu’à 80 % d’ici 2027, pour un coût réduit jusqu’à 60 %.
Un tableau de bord bascule dans cette catégorie le jour où il repose sur des définitions certifiées, sert plusieurs équipes et relève d’un responsable identifié. C’est par cette catégorie de produits analytiques que passe le plus souvent la culture data driven (pilotée par la donnée).
ARTE a déployé 40 tableaux de bord et 32 rapports BI fiables, dans un contexte de sources dispersées : bases Oracle, API, plateformes web, outils tiers. Le référentiel a aussi servi la conformité au RGPD et donné une vision claire du stockage des données dans le cloud.
Chez Getlink, groupe de 3 500 collaborateurs propriétaire d’Eurotunnel et d’Europorte, le livrable est un rapport social consolidé entre les équipes françaises et britanniques. Il a fallu harmoniser les KPI et standardiser le vocabulaire avant de produire le moindre chiffre.
Cette famille regroupe ce qui est consommé par une machine plutôt que lu par un humain : une API, un score, une feature (variable d’entrée) exploitée par un modèle de machine learning (apprentissage automatique).
Chez FLOA, la documentation couvre explicitement ces livrables. Maxime Andrieux, Data Project Manager, décrit l’usage ainsi : « DataGalaxy a de nombreux usages pour FLOA : nous documentons nos tables de bases de données et nos tableaux de bord, nous assurons le suivi des exigences liées au RGPD, et nous documentons les fichiers transmis aux équipes métiers, comme les FAQ ou les scores. » Quatre modules sont déployés, du dictionnaire technique au glossaire métier, et les métadonnées sont synchronisées automatiquement via un connecteur Snowflake. Sans cette documentation, un score reste ingérable : personne ne sait sur quel dataset il a été entraîné, ni comment en obtenir une lecture fiable.
Modèles prédictifs, assistants, moteurs de scoring : ces produits prédictifs, ou produits machine learning, sont des actifs à part entière, avec leurs jeux d’entraînement et leurs versions, par opposition aux produits analytiques qui décrivent le passé.
Swiss Life, sous l’impulsion de son Chief Data Officer Emmanuel Dubois, a constitué une bibliothèque d’algorithmes complète. Les définitions de modèles d’IA, jusque-là fragmentées entre 17 systèmes, sont centralisées et tracées de bout en bout. « Grâce à DataGalaxy, nous pouvons enfin tracer la donnée de bout en bout et identifier clairement les responsabilités », résume-t-il. La répartition des rôles entre IT, métiers, data et BI a été clarifiée dans la foulée, ce qui règle la question du « qui répond quand le modèle dérive ».
DataLab Group aborde l’objectif par l’amont : ses 400 indicateurs sont tracés depuis la donnée brute, ce qui rend auditable ce qui entre dans un modèle. Sage l’aborde par l’échelle, avec plus de 100 cas d’usage d’IA passés sous son modèle de gouvernance étendu, dans un portefeuille total de plus de 500 cas d’usage data et IA. L’équipe Data et IA de l’éditeur, présent dans 26 pays auprès de 2 millions de clients, le formule ainsi : « La traçabilité, c’est le moment où le portefeuille cesse d’être un inventaire pour devenir une stratégie. » Gartner prévoyait d’ailleurs en juillet 2024 qu’au moins 30 % des projets d’IA générative seraient abandonnés après le POC (proof of concept), faute d’une qualité suffisante en entrée.
Le même besoin ne produit pas le même actif selon l’industrie. Voici ce qui a été mis en place, secteur par secteur.
| Secteur | Contexte | Ce qui a été mis en place | Effet observé |
|---|---|---|---|
| Assurance et protection sociale | Malakoff Humanis, données dispersées entre une quinzaine d’applications | Référentiel centralisé de métadonnées et de définitions métier, lineage de bout en bout | Plus de 1 000 données référencées et accessibles ; efficacité de l’équipe gouvernance en hausse de 40 % |
| Assurance vie | Swiss Life, définitions de modèles éparpillées dans 17 systèmes | Bibliothèque d’algorithmes d’IA, traçabilité de bout en bout | Responsabilités clarifiées entre IT, métiers, data et BI |
| Mutuelle | Garance, 350 000 clients, sollicitations permanentes de l’équipe data | Définitions et règles métier centralisées, data stewards désignés | Environ 3 heures par semaine gagnées par le responsable de la gouvernance des données |
| Banque et innovation | DataLab Group (Crédit Agricole), 145 000 collaborateurs, 53 millions de clients | Open Data Mart et plus de 100 assets prêts pour l’IA, méthodologie certifiée depuis 2022 | 250 données brutes converties en 400 indicateurs tracés |
| Services financiers | FLOA, livrables data diffusés à plusieurs équipes métier | Scores, FAQ, tables et tableaux de bord documentés | Métadonnées synchronisées automatiquement, suivi RGPD outillé |
| Média et divertissement | CANAL+, 25 millions d’abonnés, présence dans plus de 50 pays | Glossaire métier global, collecte automatisée des métadonnées, intégration Power BI | Premier cas d’usage opérationnel en moins de 3 mois |
| Média de service public | ARTE, sources hétérogènes | 40 tableaux de bord et 32 rapports BI sur définitions harmonisées | Conformité RGPD outillée, vision claire des données dans le cloud |
| Industrie minière et métallurgique | Eramet, présence dans une vingtaine de pays | Glossaire métier centralisé, cartographie des sources | « La cartographie des sources de données est désormais claire et partagée par tous », Jean-Loup Loyer, Chief Data & Analytics Officer |
| Télécoms | Bouygues Telecom, 27 millions de clients, données d’usage sensibles | Métamodèle d’entreprise, puis cas d’usage ciblés pour l’adoption | Usage étendu au-delà des seules équipes data |
| Transport et infrastructures | Getlink, entités françaises et britanniques | Rapport social consolidé, KPI harmonisés, vocabulaire standardisé | Les équipes métier sollicitent nettement moins l’équipe data pour définir un KPI |
| Services aux entreprises | Onet, 66 000 collaborateurs, multiples entités juridiques | 25 concepts clés, 60 indicateurs, plus de 130 valeurs de classification | Plus de 60 utilisateurs actifs sur un référentiel commun |
| Édition logicielle | Sage, 26 pays, 2 millions de clients | Portefeuille de plus de 500 cas d’usage data et IA gouvernés | Traçabilité du portefeuille et rationalisation : 75 % de rapports analytiques hérités en moins |
| Santé et pharmacie | Roche | Pilotage d’un portefeuille d’initiatives data et IA | Plus de 300 initiatives pilotées, visibilité complète sur le portefeuille |
Du temps repris. Chez Garance, le responsable de la gouvernance des données estime gagner environ 3 heures par semaine. Chez Getlink, les métiers sollicitent nettement moins l’équipe data : l’accessibilité de l’information et de sa définition ne dépend plus d’un intermédiaire.
De la vitesse de décision. Quand un indicateur est défini une fois pour toutes, la prise de décision ne commence plus par un débat sur le chiffre : chez Onet, 60 indicateurs structurés servent des entités juridiques multiples.
De la capacité à absorber l’IA. DataLab Group a rendu ses datasets exploitables par des projets d’intelligence artificielle avant même leur existence, et Sage a étendu son domaine de gouvernance à plus de 100 cas d’usage d’IA sans repartir de zéro.
Trois secteurs manquent, faute de cas documenté de notre côté : le retail, le secteur public et l’énergie. Les livrables classiques qu’on y rencontre (référentiel produit unifié, prévision de la demande) sont des illustrations de marché, pas des exemples clients vérifiés.
Le besoin. Le hub d’innovation du Crédit Agricole mène des projets d’IA pour le groupe, et chaque équipe repartait de zéro pour trouver des données exploitables, vérifier leur fiabilité et s’assurer du droit de les utiliser.
Les composants. Une quinzaine de sources centralisées et documentées avec leurs licences. Une chaîne de transformation qui convertit 250 données brutes en 400 indicateurs. Plus de 100 assets prêts pour l’IA, documentés selon trois modèles réutilisables adaptés aux données structurées, aux textes et aux images. Une traçabilité complète, de la donnée d’origine à l’indicateur consommé par un modèle.
Les consommateurs. Les équipes projet du groupe, qui explorent, évaluent et réutilisent ces ressources sans repasser par l’équipe qui les a produits.
Ce qui en fait un produit et pas un entrepôt. Un entrepôt assure le stockage, un data product s’engage : format standard, méthodologie labellisée et certifiée depuis 2022, conditions d’utilisation explicites, lineage remontant la chaîne en cas de doute. La différence ne tient pas à la technologie, elle est contractuelle.
Le besoin. Piloter la fonction RH sur deux pays qui ne comptent pas de la même façon : les équipes d’Eurotunnel et d’Europorte utilisaient des définitions différentes pour des indicateurs portant le même nom, et toute consolidation produisait un écart à expliquer.
La construction. Le travail a commencé par l’harmonisation des KPI, avant toute production de chiffres ; le vocabulaire métier a été standardisé des deux côtés de la Manche, puis la documentation a été centralisée dans un référentiel partagé.
Le résultat. Une mise en service en quelques mois. L’effet rapporté par Morade El Fahsi, Head of Data, est un gain de productivité : les équipes métier sollicitent beaucoup moins la sienne pour définir un KPI. Sur tout périmètre multi-entités, l’accord sémantique représente l’essentiel de l’effort ; l’architecture technique vient après.
Beaucoup d’organisations rebaptisent leurs livrables sans rien changer aux fondamentaux. Six questions permettent de trancher.
| Critère | La question qui tranche | Rapport | Data product |
|---|---|---|---|
| Propriétaire | Qui décide de ce qui entre et de ce qui sort du périmètre ? | Personne, ou l’auteur du fichier | Un data product owner (responsable du produit) nommé, appuyé par un data steward (référent de la donnée) et un data owner (propriétaire métier) sur le domaine |
| Interface | Comment un nouvel utilisateur y accède-t-il sans demander à qui que ce soit ? | Par mail, sur demande | Interface consommable, documentée, référencée dans le catalogue |
| Réutilisation | Pouvez-vous citer un deuxième consommateur, dans une autre équipe ? | Un seul demandeur | Plusieurs consommateurs, usages non prévus à l’origine |
| Durée de vie | Qui maintient l’actif dans six mois, et comment sont gérées les versions ? | Le fichier se périme en silence | Cycle de vie explicite, versionnement, retrait organisé |
| Qualité | Sur quels contrôles s’appuie la confiance dans les chiffres ? | La réputation de celui qui l’a produit | Règles de qualité, certification, contrat de données et niveau de service |
| Valeur | Quel indicateur suit l’adoption ? | Aucun | Nombre d’utilisateurs, taux de réutilisation, valeur des cas d’usage servis |
Sur ce dernier point, les organisations citées plus haut utilisent des indicateurs simples : le nombre d’utilisateurs actifs, plus de 60 chez Onet, et le nombre d’assets réellement réutilisés, plus de 100 au DataLab Group.
Un projet a une date de fin, un budget fermé et une équipe qui se disperse à la livraison. Un produit vit : roadmap (feuille de route), versions successives, budget récurrent, product manager et équipe financés pour son amélioration continue. La recommandation qui ressort des cas ci-dessus : financer un actif de ce type, ce n’est pas financer son développement initial, c’est financer les années qui suivent, faute de quoi les consommateurs repartent vers leurs extractions maison.
Les deux expressions ne désignent pas la même chose. Le data product est l’objet livré. Le « data as a product » (la donnée traitée comme un produit) est un principe d’organisation : traiter la donnée analytique produite par un domaine comme un produit, et ses consommateurs comme des clients. C’est l’un des quatre principes du data mesh formulés par Zhamak Dehghani, avec la propriété décentralisée par domaine, l’architecture data en libre-service et la gouvernance fédérée et calculable.
On peut construire ces actifs sans adopter le data mesh, et beaucoup des cas cités plus haut le font. L’inverse est faux : le data mesh de Zhamak Dehghani sans actifs consommables ne donne qu’un discours.
Le premier choix n’est pas technique, il est d’arbitrage. Voici les livrables que l’on retrouve le plus souvent en début de démarche, avec une analyse croisée de la valeur et de la faisabilité.
| Cas d’usage | Famille | Valeur métier | Faisabilité | Quand le lancer |
|---|---|---|---|---|
| Référentiel d’indicateurs partagés entre entités | Couche sémantique | Élevée | Élevée | En premier, si les définitions divergent |
| Glossaire métier des concepts clés | Couche sémantique | Moyenne à élevée | Élevée | En parallèle, socle de tout le reste |
| Reporting réglementaire ou extra-financier consolidé | Rapport BI | Élevée, échéance imposée | Moyenne | Quand une contrainte de conformité fixe la date |
| Vue client à 360 degrés certifiée | Jeu de données certifié | Élevée | Moyenne, dépend de la qualité des sources | Après un premier succès sur le vocabulaire |
| Référentiel produit ou tiers issu du master data management | Jeu de données certifié | Élevée | Faible à moyenne, chantier long | En vague 2, avec un sponsor solide |
| Tableau de bord de pilotage opérationnel | Produit analytique | Moyenne | Élevée | Dès que les définitions sont stabilisées |
| Catalogue d’assets documentés prêts pour l’IA | Jeu de données certifié | Élevée si projets IA en cours | Moyenne | Avant l’industrialisation des modèles |
| Score d’attrition ou de risque exposé par API | Produit prédictif | Élevée | Faible sans données documentées en amont | Une fois le jeu d’entraînement tracé |
| Prévision de la demande | Produit prédictif | Élevée | Faible à moyenne | En vague 2 ou 3 |
Les cases valeur élevée et faisabilité élevée se traitent d’abord : ce sont presque toujours des référentiels de définitions, pas des modèles. Pour séquencer plusieurs actifs sur un an, l’exercice consiste à construire une roadmap de produits de données en croisant ces deux axes.
L’expérience des organisations citées le montre : elles ont démarré par ce que les métiers réclamaient déjà. CANAL+ a mis son premier cas d’usage en service en moins de 3 mois, Getlink son rapport consolidé en quelques mois. Bouygues Telecom a procédé en deux temps : un métamodèle d’entreprise, puis des cas d’usage ciblés. Ces quick wins créent la crédibilité qui financera la suite.
L’ordre des opérations varie peu. Désigner le responsable et les stewards, comme Garance l’a fait avant de centraliser ses règles de gestion. Définir l’interface, lister les consommateurs, s’accorder sur le vocabulaire avec l’aide d’un glossaire métier tenu à jour. Documenter l’actif dans un catalogue de données, avec son lineage, ses règles de qualité et ses conditions d’utilisation. Puis mesurer l’adoption, seule façon d’arbitrer entre faire évoluer l’actif et le retirer.
Inutile d’inventer une organisation dédiée : la gouvernance des données (data governance) en place fournit les rôles, les instances d’arbitrage et les processus de validation. Il reste à y ajouter un propriétaire par actif, un cycle de vie explicite et un suivi d’adoption efficace. Les composants et les phases sont détaillés dans le modèle de gestion des produits de données.
Au-delà d’une dizaine d’actifs, l’enjeu devient l’industrialisation, traitée dans notre guide sur une plateforme de produits de données. DataGalaxy permet de gérer vos produits data et IA dans un portefeuille unique, avec leurs propriétaires, leur cycle de vie et leur traçabilité, et de les exposer via une marketplace de produits de données où chacun explore le catalogue et obtient l’information utile. Cette approche data intégrée, dite Data & AI Governance, se joue là : gouverner données et usages d’IA dans le même référentiel, pas dans deux solutions séparées.
Reste le test le plus simple pour savoir où vous en êtes. Nommez le propriétaire de votre dernier livrable data, puis citez son deuxième consommateur. Si les deux réponses viennent sans hésitation, vous avez déjà un produit de données.
Title : Exemples de produits de données : 13 cas réels | DataGalaxy
Meta-description : 13 exemples de produits de données en entreprise : ce qu’ils contiennent, qui les consomme, les gains observés et par quel cas d’usage démarrer.